Poèmes
On 22 February 2019 | 0 Comments | Non classé |

Voici, pour vous, un florilège de poèmes…

 

 

Nous sommes tous : Singuliers

Nous désirons tous

Secrètement pour certains
Bruyamment pour d’autres
Que cet état des lieux soit fait

Nous sommes tous : Singuliers

Il est grand temps de la reconnaître – en conscience
Grand temps de la protéger
Grand Temps de l’approfondir
Grand Temps de la bénir et de la propager
Notre Singularité sacrée.

À travers le monde
Dans nos familles
Chez nos amis et les autres avec qui nous ne faisons qu’un
Chez nos voisins proches et lointains
Et tous les êtres que nous n’avons pas encore rencontrés

Les célébrer et les combiner : nos êtres singuliers

Abolissons l’illusoire principe de dualité
Et capitulons devant l’évidente simplicité

Nous sommes tous : Singularité

À chacun de nous
Tous ensemble à présent
De cultiver la sienne propre.

 

*

 

Je vois ce feu. Il fait nuit.
Ces flammes, sont-elles rouges, or, orange, ocre jaune, orange, or ou rouges ?
Blanches peut-être. Ce feu. Ses flammes.
Elles enlacent mon regard, ondulent dans mon œil fixe qui ne sait plus cligner.
Mes orbites vont-elles fondre aussi, après mes globes et mes iris, quand j’aurai trop regardé ?
Ce feu. Ce feu qui danse.
Tel une jupe : mille pans de tissus, de soie légère, de voiles en mouvement, c’est une robe, mais une robe à l’envers.
Pas de jambes, pas de pieds. Juste une robe à l’envers.
Où est donc le buste, la poitrine, le cou, la tête de cette femme inconnue ?
Enfoncée dans la terre.
Une fée peut-être ?
Une surhumaine qui respire, la tête, les yeux, la bouche, les narines dans la terre.
Jupe en feu. Terre mère.
Un feu qui sort de terre.
Feu de sa jupe, au-dessus du niveau de la terre.
Vole : jupe de mille volants, mille jupons, mille flamboiements lancés vers les cieux !
Volent : flammes-fleurs, pétales qui frétillent, oscillent et crépitent dans la nuit !
Feu qui voudrait bien s’envoler, mais la fée, plantée tête en bas dans la terre, y a rien à faire.
Elle ne veut point se dénuder.
Ma main pourra-t-elle influer ?
Non, car la fée du feu est, elle et elle seule, reine.
Ses flammes ont-elles le choix : être flamme ou être fumée ?
Un jour, c’est inévitable, elles s’amenuiseront et puis…
C’est la reine, tête dans les racines du feu et de la terre, qui décide.
Feu devenu Fumée.
Apparence d’une disparition de feu mais non :
Feu transmuté.
Moment ineffable entre deux états d’être.
Et moi, ne suis-je pas feu aujourd’hui même ?
Oui, je suis Feu.
Je suis feu car je le sens dans mes veines, je le sens dans mes bras, mes jambes, mes mains, ma tête.
Je suis feu.
Je suis chaleur.
Je bouillonne. Mais pourquoi ?
Et jusqu’où ira donc ce feu dans tout mon être ?
« – Le feu a toutes les raisons qu’on veut bien lui trouver.
Mais ce qu’il importe de savoir, c’est qu’un jour, tu seras prête à être transmutée.
– Quoi ? Moi ? Devenir fumée ? Qui va le décider ?
– Trop de questions tuent la poésie de ce monde.
Fumée noire, fumée blanche, fumée multicolore ou invisible, ce qu’il importe de savoir, c’est que de feu en fumée, un jour, tu seras transmutée. »
Telle est la déclamation du ciel.
Moi qui me sens feu en ce jour même.
Feu sous la lune nouvelle.
Feu je suis.
Un jour, je me transmuterai.
Car on ne demeure jamais un seul élément à jamais.
Tout mute en tout.
Tout transmute, de même que lorsqu’on vit, on n’a de cesse de respirer
En boucles, en oscillations, en ondes et en flammes,
De la terre au ciel en passant par Feu, Fumée, Blanc, Lumière, Invisible, Multicolore,
Infini, Flux, Feu, Rouge, Orange, Ocre, Jaune, Or et…
Feu. Je suis.
Toi aussi peut-être ?
Si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain ou quelques lunes après.
Ô, fasse le Ciel que je savoure à plein mon être-élément ici et maintenant :
FEU !
Jusqu’à la prochaine étape.

*

 

Cela fait trois années
Que je ne suis pas rentrée :
L’enseignante a rendu son tablier.

Mais qu’ai-je donc cuisiné
Durant ces trois années
Trois années sans :
« Rentrée » ?

Durant ces trois années :
-J’ai découpé la saveur du silence
-J’ai épluché le luxe du temps libre
-J’ai mélangé mes mémoires
-Et j’ai assaisonné le tout avec :
Le repos de ma voix et de ma conscience.

Cela fait trois années
Que je ne suis pas rentrée :
L’enseignante a rendu son tablier.

Je suis partie très loin, et pourtant
Je ne peux m’en empêcher
Transmettre est ma mission
Transmettre : ma vocation.

Que concocte l’enseignante
Depuis ces trois années ?

-Un silence fertile
-Un nouveau respect des saisons
-Une émulsion d’idées
-Un canal visionnaire

Cela fait trois années
Que je ne suis pas rentrée :
Mais je reviendrai
Je rentrerai
Un jour

…Quand mon plat sera prêt !

 

*

De mon temps,
On savait marcher sans but.
De mon temps,
Parfois, on regardait la montre à notre poignet.
De mon temps,
On mâchait plus longtemps, avant que d’avaler.
De mon temps,
On attendait plus longtemps, avant que de parler.
De mon temps,
On ne cherchait pas tant à voyager !
De mon temps,
On écrivait encore des lettres,
De jolis timbres y étaient collés…

De ton temps ou de mon temps,
Tu me diras, mon cher enfant,
Lequel des deux est le bon temps.

*

Pantoum d’un matin de mars

 

Je veux prendre le temps d’aller à l’essentiel
Je suis lovée chez moi, à ma table de travail
Je vois mes cahiers autour de moi, le set pour ma tasse de thé
Le stylo danse dans ma main et sur le papier : c’est l’essentiel

Je suis lovée chez moi, à ma table de travail
Je suis à ma place mais mes épaules sont tendues
Le stylo danse dans ma main et sur le papier : c’est l’essentiel
Vernis sont mes ongles, ce que j’écris, est-ce aussi beau ?

Je suis à ma place, mais mes épaules sont tendues
Surtout mon bras droit, si je relâche, je conçois la tension
Vernis sont mes ongles, ce que j’écris, est-ce aussi beau ?
Je doute de mon talent, je suis telle, la remise en question

Surtout mon bras droit, si je relâche, je conçois la tension
Détendue à gauche et tendue à droite, comment unifier mon corps ?
Je doute de mon talent, je suis telle, la remise en question
Un jour je me calmerai. Tout à l’heure peut-être, en méditant

Détendue à gauche et tendue à droite, comment unifier mon corps ?
Je vois mes cahiers autour de moi, le set pour ma tasse de thé
Un jour je me calmerai. Tout à l’heure peut-être, en méditant
Je veux prendre le temps d’aller à l’essentiel.

*

Accordé sur moi-même
Sur moi-même et mon “là”
Au présent
Dans le flux
Je vis j’entends je vois
Au présent où tout coule
Où tout passe où tout naît
Au présent
Simplement
Ma découverte :
ÊTRE

*

HAÏKUS

Nez glacé joues rouges
blanc blizzard passant en flèche
je tangue et je tombe

 

Des arbres qui tanguent
nuée de flocons tranchants
ce nid arraché

 

 

Leave a reply

  • More news