La parlécriture filmée : SCRIBO
On 29 August 2018 | 0 Comments | Non classé |

Découvrez ma nouvelle websérie expérimentale et improvisée : SCRIBO

Cliquez ci-dessous pour voir les épisodes (en français, avec sous-titres anglais pour les premiers)

Playlist complète

Épisode 1 de ma websérie expérimentale “Scribo”

Épisode 2 de ma websérie expérimentale “Scribo”

ETC…

J’y partage ce que j’ai nommé “parlécriture” (néologisme inventé dans ma jeunesse), autrement dit mon processus créatif via l’écrit et l’oral en monologue intérieur (la voix intérieure qui se retranscrit sur le papier) ainsi que d’autres expérimentations artistiques… Pourquoi ce néologisme m’est venu, alors que je commençais tout juste à écrire ? Car au lieu de parler oralement, je voyais bien que je parlais dans ma tête et que je transvasais cette voix sur mon cahier. Entre parler et écrire, je ne souhaitais pas créer une ligne de démarcation. Pour moi, enfant ou adolescente que j’étais, mon oralité se concrétisait dans l’écrit, sous la plume. Le continuum devait être honoré. Ce que j’écrivais venait de cette voix intérieure, en lien direct, le passage de l’un à l’autre formait un tout. La voix écrite était fidèle à la voix orale, laquelle était pourtant silencieuse car cette voix, c’était mes pensées invisibles à autrui. Je me souviens, commençant à expérimenter l’écriture manuscrite avec mon stylo préféré et mon joli carnet, je découvrais cette voix intérieure et le fait qu’elle était un flux continue, qu’elle ne cessait quasiment jamais en moi. Je la laissais parler, même si parfois ce qu’elle disait ne m’était pas toujours agréable (le fameux censeur intérieur, le juge de soi…). J’entendais une voix inaudible aux autres. J’étais seule face à ma page blanche et je laissais mon corps remplir cette page de tout ce que j’avais sur le coeur et que je n’osais pas forcément formuler à l’oral articulé, aux autres, ou à moi-même face à mon miroir.

DIGRESSION :

On parle tout seul parfois, on parle tout haut, mais on ne s’en rend pas forcément compte. Ma grand-mère française le faisait beaucoup. Même en ma présence ! J’adorais ça.

RETOUR :

Voici une autre situation de parole, que je vous suggère. Vous êtes-vous déjà posté devant votre miroir en vous disant, à l’oral articulé (à haute voix donc), ce qui vous passe par la tête ? Vous êtes-vous déjà dit “face to face” ce que vous pensez de vous ? Ce que vous pensez des autres et du monde ? Ce que vous ressentez aujourd’hui ?

Qu’est-ce que vous dites devant ce miroir ?

Je vous invite à faire l’exercice et à vous regarder, vous parlant à vous-même (il s’agit là de se dédoubler…).

Êtes-vous sincère avec vous même ?

Êtes-vous critique ? Trop critique ? Pas assez ?

Qui est ce miroir ?

Qui est le juge ?

Qui est le contemplateur ? Y a-t-il un admirateur ?

Y a-t-il un accusateur ?

Qui, quand, quoi, comment ??

Les questions nous submergent, quand on commence à exercer ce reflet de soi dans le miroir – au propre et au figuré.

On aimerait faire cesser les questions qui nous assaillent peut-être et nous rendent mal à l’aise, peut-être.

(Pour faire cesser le bavardage intérieur encore appelé par les anglophones “monkey brain”, à savoir le singe qui gigote dans le cerveau), je vous invite à lire un prochain article que j’écrirai sur les vertus de la méditation…)

Mais revenons à nos oignons ou nos moutons, au choix.

De l’usage du miroir…

Se regarde-t-on uniquement pour “se faire beau”, dans ce miroir ?

Et si on se regardait pour faire autre chose…

Pour partir à la découverte d’un monde !

De la même façon, j’utilise la parlécriture pour me regarder en profondeur, visiter ce monde intérieur, dans les méandres de ses chemins tout tracés ou non balisés. J’y trouve des obstacles, ce qui ressemble à des frontières, des portes fermées, des autoroutes faciles à emprunter aussi. Mais toujours, je tente de poursuivre l’exploration, la découverte d’autres contrées, inconnues, cachées, de routes insoupçonnées. Bien sûr, à l’intérieur de moi, je prendrai soin de ne coloniser personne : j’entre en contact, avec respect, douceur, j’entre en dialogue avec ces parties de moi que j’avais ignorées jadis, mises sous silence, ces parties de moi qui m’avaient peut-être échappé avant, car c’était trop douloureux, trop désagréable de les voir, ou tout simplement car ce n’était pas le moment de les rencontrer à l’époque. Ces parties de moi qui attendaient que je vienne à leur rencontre, enfin, à ce moment précis. Pas avant, pas après.

Vous l’aurez compris, la parlécriture est un voyage.

Un voyage intérieur.

Tout le monde n’a pas les moyens de transport, me diront certains.

“On ne sait pas tous écrire, on ne sait pas tous jongler à l’aise avec les mots, on n’est pas outillé à égalité….”

“D’accord, mais j’ai toujours été mauvais en français ! L’orthographe, c’est un cauchemar…”

Faisons taire ces voix. Permettons-nous de les faire taire. Gentiment. Pour une fois.

Passons la muraille de ces freins, de ces injonctions, de ces jugements nés des systèmes de concurrence inculqués dans l’éducation.

(J’écrirai un autre article là-dessus, sur ces barrages que nous avons construits à l’intérieur, qui nous empêche de faire un grand saut)

Je comprends toutes les objections ci-dessus. La prof que je suis les comprend, croyez-moi, la prof qui a passé des heures à corriger des dictées, des rédactions, des dissertations, des mémoires, la prof qui a donné des notes, des récompenses, des punitions…. Je vous comprends. Ô comme je vous comprends. J’ai été moi aussi écolière, élève, étudiante et moi aussi j’ai été blâmée pour ci, corrigée pour cela, noté d’un 20/20, d’un 10/20 et d’un 0/20, j’ai tout connu, j’ai eu toutes les notes de la terre, celles dont on se dit fier et celles dont on a honte… Noté car on ne parle pas bien français, notre langue, notre outil de communication et du vivre-ensemble.

Je vous l’accorde, ce n’est pas facile pour tout le monde de passer le cap des souvenirs de l’évaluation qui vous a brimé.

“Tu me proposes d’écrire ? Mais j’ai pas envie ! Non merci !”

Et c’est bien pour cela qu’une de mes envies dans ce monde est de continuer à transmettre, d’une autre manière (que je suis en train de peaufiner), une méthode moins blâmante et moins brimante, une méthode constructive. Enseigner à : expérimenter cette langue française et la compréhension de son code, c’est-à-dire non seulement sa syntaxe, sa conjugaison, sa grammaire, mais aussi ses outils de rhétorique, autrement dit l’art du discours.

Car comment vivre ensemble sur cette planète, si on ne tente pas d’utiliser l’outil-langue à bon escient, en fidélité à ce qu’on est… Comment vivre ensemble si on ne parle pas la langue ?

La langue est à la fois ce compagnon de voyage et ce moyen de transport de nos vies pour que nous communiquions entre nous et en nous.

Si nous n’avons pas cette langue en partage, alors qu’est-ce qu’on fait ? Peut-on seulement vivre ensemble ?

Si on ne parle pas la même langue, alors, vous me direz, on a le langage corporel. Certes, et on peut dire beaucoup avec les gestes, c’est tout un monde, cette expressivité de nos corps… qui disent parfois le contraire de ce que disent nos paroles. (Mais là on sort de ma réflexion sur la parlécriture, même si tout est lié. Alors je parlerai du méta-verbal dans un autre article)

Quand j’ai commencé à me filmer en train d’écrire ce que certains appelleront mon “journal intime” ou mes “cahiers personnels” ou mon carnet de “journaling”, il était encore difficile de définir ce que j’y explorais. Du channeling créatif ? Du partage d’intériorité ? De l’écriture autobiographique ? Des brouillons pour d’autres oeuvres à venir ? De la réflexivité à l’état pur ?

Les épisodes s’alimentent les uns les autres, au fil des semaines… Je cherche en faisant. Je fais en cherchant. C’est ma méthode de prédilection.

En tout cas, par cette parlécriture filmée, je voulais aussi être témoin moi-même du langage de mon corps et de mettre à l’honneur ces moments de silence où il se passe en fait beaucoup de choses. Sur le cahier. Bon, vous me direz, un corps qui écrit, ça ne bouge pas beaucoup donc ça ne dira pas grand-chose… Au début, je comptais seulement m’en tenir à filmer ces moments de silence total où j’écris. Et voir ce qui se passe. Rien ne serait dit. Moi qui écrit. C’est tout. Drôle de websérie ! Un peu rasoir, non… ? Mais je voulais tenter l’expérience et “disrupter” (j’aime bien cet anglicisme) les blablas et le format du “attention, en 2 minutes tu dois donner ton contenu, pitcher le machin et accrocher ton auditoire !”

Je voulais me taire pour inverser la tendance et voir ce que cela fait.

Bon, dommage, car comme vous le voyez, le naturel bavardeur de l’humaine que je suis est revenu au galop, et certains épisodes ont quitté le monde du silence de la parlécriture pour se transformer en “kabary” (long discours, en malgache). J’ai vit compris que c’était l’écueil (ou la chance) du dispositif caméra. Présence de caméra = public potentiel. En tant qu’humaine, j’ai du mal à ne faire que regarder la caméra/l’humain potentiel dans le blanc des yeux sans articuler un mot. Inévitablment, il m’est venu cette nécessité d’ouvrir ma bouche pour laisser sortir la voix. Parler à cet auditoire invisible, virtuel et lui EXprimer ce que j’ai à l’INtérieur de moi.

Plus je compose et fais le montage de mes SCRIBO. De manière spontanée, sans trop préméditer sur ma visée, plus je comprends ce que c’est, SCRIBO. Aujourd’hui, je peux dire que SCRIBO, c’est la parlécriture (geste intime) qui se donne à voir via la caméra et vous. C’est la métamorphose en direct, par moment, en oralité articulée.

SCRIBO, c’est ce passage de l’oralité silencieuse à l’écrit personnel puis à l’oralité assumée, à voix haute, puis le retour au silence, une fois que la voix a porté et résonne dans l’auditoire.

Vous remarquerez que dans certains épisodes, il y a ma voix off, que ce n’est pas ma voix in (comme on dit en langage audiovisuel). La voix qui s’exprime par le stylo correspond-elle à la voix off ? Mystère…

Vous la connaissez, cette sensation quand on dit quelque chose qu’on pense… ou quand on dit quelque chose qu’on ne pense pas… Bref quand on pense quelque chose mais qu’on dit le contraire.

SCRIBO, c’est une parlécriture réflexive. Miroir dans le miroir.

Via ce passage oral-écrit-oral-écrit qui pourrait ne jamais finir (c’est pour cela que j’utilise la vidéo en accéléré, pour ne pas trop vous ennuyer, mais figurer le temps qui passe tout de même car c’est dans le temps que tout se joue… mais il paraît qu’il faut faire vite tout de même, sur internet. Ah, les règles de la communication sur internet (j’en ferai un prochain article)……..

Bref, SCRIBO est une oeuvre parmi tant d’autres, créée par une humaine parmi tant d’autres. Toute oeuvre a plusieurs interprétations possibles. Je laisse tout ouvert.

Libre à vous de recevoir et d’interpréter à votre façon.

À vous de juger ce que les épisodes vous disent, ce qu’ils vous apportent.

Je serai heureuse d’avoir vos retours d’expérience et de réception. Via la fiche contact par exemple.

Car, vous le savez, vous l’avez sans doute expérimenté, on ne produit pas toujours l’effet qu’on avait eu en intention. L’effet escompté. Il y a des surprises. Des déviations même parfois !

C’est la richesse de l’humain. C’est ce que nous venons explorer dans cette vie, je crois.

En dernière instance.

Quel que soit notre place, notre métier, notre rôle sur cette planète. Quelles que soient nos relations.

Essayer de nous comprendre les uns les autres. Pour mieux vivre ensemble.

En tout cas, personnellement, c’est ce que j’ai envie d’explorer. Ce que j’ai envie d'”envisager”, plus que de “cibler”.

*

Parallèlement à SCRIBO, grâce au confinement, j’ai enfin lancé des ateliers d’écriture automatique. Le premier eut lieu le samedi 4 avril 2020 : ONLINE.

Dans la page Parlécriture sur FB, vous aurez accès à la programmation des séances online.

Depuis plusieurs décennies, je pratique et étudie la langue française, depuis l’an 2000 je l’enseigne, depuis fort longtemps j’aime à saisir l’art de l’expression singulière et l’usage du mot juste, mais aussi les tics de langage conscients et inconscients, habitudes et récurrences de mots, de phrases, de tons dans la bouche et la plume de chacune, chacun. Pas besoin pour moi de revêtir le costume angliciste de la “coach” (pas de révolte de ma part car j’adore l’anglais et son monosyllabisme, étant anglophone de cœur) ! Pas besoin car je suis “enseignante” et “pédagogue” comme on le dit à la française, puisque – le savez-vous ? – ces 2 mots nous viennent de nos grands-parents le latin et le grec qui, loin d’être langues mortes, vivent de manière vibrante dans nos mots d’aujourd’hui (je résume grossièrement : “en-seigner” veut dire poser un signe à l’intérieur / “péd-agogue” veut dire accompagner l’enfant par la main). Je me propose donc, lors d’ateliers d’écriture et de parole publique, de vous aider à renouer avec les mots, vos mots : vous qui avez tant besoin de dire qui vous êtes, ce que vous faites, comment et pourquoi vous le faites, quelle est votre place dans ce monde. Il n’est jamais trop tard pour renouer avec notre belle langue française, sa complexité et surtout son art de la nuance. Tout se passe dans cet art de la nuance (voir un futur article à ce propos). Ce qui ne veut pas dire mépriser les autres langues et les emprunts bien sûr ! Mais tout de même, pour nous autres francophones, puisque c’est cette langue qui nous rassemble et fait grille de lecture de notre monde, une voix me dit qu’il est grand temps de renouer avec notre chère langue française et sa subtilité, son architecture, sans quoi nous nous perdrons dans des copiés-collés trop “marketé”, conformismes langagiers qui effaceront tôt ou tard notre singularité, notre authenticité et nous feront perdre de vue notre véritable destin tant individuel que collectif (car les deux sont intriqués). Alors, si le cœur vous dit qu’il est temps pour vous aussi de renouer avec notre langue et d’aller la (re)visiter, je suis là pour vous aider.

Nirina, enseignante et pédagogue pour tous.

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Let’s discover my new experimental and improvised webseries: SCRIBO

I share my creative process and other artistic experimentations… At this phase of the experience, it is still difficult to define what I am exploring there. Creative channeling? You’ll be the judge.

(in French with English subtitles)

 

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