La vie est fractale
On 4 March 2020 | 0 Comments | Non classé |

 

IMPORTANT : ces chapitres sont écrits en écriture automatique, ou quasi ! C’est-à-dire au fil de la plume, en improvisation, sans réfléchir ni préméditer…

 

CHAPITRE I

De la chose au mot et du mot à la chose

 

Depuis mon enfance, je suis fascinée par l’objet nommé kaléidoscope.

Je me souviens de la première fois que j’ai eu entre mes mains ce tube cartonné.

Qu’était-ce ? Un rouleau de sopalin qu’on a décoré d’un papier peint fleuri ?

Je le prends. Il est un peu lourd pour un simple rouleau de sopalin déguisé. Mais qu’entends-je ?

On dirait qu’il y a quelque chose là-dedans ?

Oh mais en fait, c’est une boîte ! Une longue boîte en forme de long cylindre !

Je retourne l’objet.Regarde d’un côté, de l’autre du tube. Il n’y a pas d’ouverture, la boîte est fermée. Alors c’est une percussion peut-être.

On dirait une vitre ou un plastique transparent d’un côté du cylindre. De l’autre, un plastique noir laisse apparaître en son centre un tout petit trou.

On me dit de regarder par ce trou. Je ne sais plus qui me dit cela. Est-ce la vendeuse d’un magasin de jouets ? Ou un copain, chez lui à son anniversaire, on est dans sa chambre avec d’autres et je regarde ses jeux posés sur une des étagères ?

Est-ce David mon ami d’enfance qui m’a fait découvrir mon premier kaléidoscope ? Peut-être David oui. Peut-être pas… Peut-être la vendeuse de magasin ? Où, quand, comment ? Ma mémoire ne l’a pas retenu. Mais ce dont je me souviens, c’est cette sensation extraordinaire, lorsque j’ai vu pour la première fois la forme créée par un tube pourtant si ordinaire ! Un monde à part, un monde coloré à souhait, moi qui suis déjà amoureuse de la « multicolorité » (mot inventé hic et nunc). Un monde en forme de fleur au singulier ou au pluriel, un monde en rosace (je ne connaissais pas ce mot à l’époque), un monde où la symétrie est partout et nulle part, un monde avec de la brillance, des paillettes, des choses indéfinissables, des formes inconnues, le tout formant une harmonie.

Oui, le kaléidoscope formait l’Harmonie.

Je la voyais de mon œil candide d’enfant, à travers le trou de la serrure. Comme un beau secret dévoilé. Le secret d’une harmonie cachée dans un objet si anodin. Le cylindre. Le prétendu rouleau de sopalin.

-Fais-le tourner, tu vas voir, ça bouge !

-Comment ça, tourner ?

Et mon initiateur de prendre la longue-vue magique et de me montrer en regardant lui-même dedans, tout en faisant tourner l’instrument tubulaire entre ses mains.

-Tu vas voir, ça fait changer le dessin !

À mon tour.

Émerveillement de découvrir le motif beau et indescriptible bouger sous mon œil en émoi, ce tableau vivant et abstrait qui se métamorphose sous mes yeux. Il change, mais son sens de la symétrie, de l’harmonie, de l’équilibre des formes et des couleurs, cela ne change pas.

-Mais comment ça marche ?! Qu’est-ce que c’est ?

Je quitte mon œil du trou qui mène vers l’Harmonie.

-On dirait qu’il y a des perles dedans, des petits jouets, des petites choses ? C’est quoi ?

-C’est un kaléidoscope.

Et voilà que ce mot étrange entre dans mon vocabulaire alors que je n’ai pas 10 ans. En écoutant ces cinq syllabes, un autre monde, plus vaste encore que celui des objets, s’ouvre à moi : la chose est extraordinaire… et le mot, alors !

« KA-LÉ-I-DO-SCOPE »

Ces syllabes claquent à mon oreille. On pourrait faire de la musique avec, ce tube est un instrument à percussion.

Je veux plonger dans le mandala mouvant et impermanent qui s’y niche (à l’époque, je ne connais pas le mot « mandala » mais je le dis là).

À répétition, je m’amuse à secouer le kaléidoscope et à mettre mon œil dans la lucarne pour découvrir le monde improvisé et chaque fois unique qui s’y crée, après chaque nouveau mouvement.

Qui a inventé un objet aussi fabuleux, aussi créatif ?

Je reste un instant, plus longtemps, à l’intérieur. Je veux comprendre.

… Miroirs. Il y a des miroirs à l’intérieur.

Ça se reflète, ça se symétrise, tout bouge et tout se reflète, combien de fois ?

Ce qui crée la beauté, c’est le miroir.

Je me souviens de ma sensation quand enfin je comprends des coulisses de cette harmonie.

KALÉIDOSCOPE

MIROIRS

Il est des mots comme des gens, dans nos vies, qui passent… et on ne les remarque pas la première fois…. Puis ils repassent et… on ne les remarque peut-être toujours pas. Et puis un jour, on ne sait pourquoi, notre œil est frappé par leur présence, leur existence. Et ce jour-là, ça y est : on rencontre ces gens, on rencontre ces mots. Alors qu’ils avaient toujours été dans les parages. Le Kairos m’attendait.

DIGRESSION

Kairos, mot grec signifiant « le moment opportun », m’accompagne depuis mes années de prépa en Lettres Classiques. J’en parlerai plus amplement un autre jour, mais sachez que le latin et le grec sont mes deux grands compagnons de vie. Pourquoi ? Parce qu’ils décryptent la langue française pour moi. Je ne cesserai d’y recourir pour expliquer ma pensée, soyez prêts…

RETOUR

En octobre 2013, j’ai enfin daigné prêter attention à un mot qui pourtant tournait autour de moi depuis longtemps. Où et comment eut lieu la rencontre tant attendue ? C’était à Paris, dans une librairie Gibert sur les Quais près de la Cathédrale Notre-Dame. J’ai trouvé un livre et je l’ai acheté car le titre m’attirait. Les hasards nécessaires, Le rôle des coïncidences dans les rencontres qui nous transforment, de Jean-François Vézina (Les Éditions de l’Homme, 2001).

277 pages en édition Pocket. C’est à la page 136 que je l’ai rencontré.

Le mot « fractale ».

 

Nirina Ralantoaritsimba, Bordeaux, Mercredi 11 Mars 2020

 

… Suite au prochain chapitre !

***

 

CHAPITRE II

De la “fractale” au coronavirus

Que lis-je dans ce chapitre qui m’ouvre les portes d’une compréhension du monde de mon enfance (beaucoup de compléments du nom par ici…) ?

 

“Les premières images du chaos : les fractales

Une fractale est une tentative de symboliser l’ordre qui émerge du chaos. Il s’agit d’une forme géométrique qui possède une invariance d’échelle, c’est-à-dire que l’on peut retrouver la totalité de sa forme peu importe à quelle échelle on observe la figure. Elle illustre le fait que les phénomènes de la vie se répètent continuellement à des niveaux différents.

Le mot fractale a été forgée par Benoît Mandelbrot alors qu’il était mathématicien au département de recherche de IBM.

Un après-midi de l’hiver 1975, conscient de l’émergence de courants parallèles en physique, et travaillant à la rédaction de son premier grand livre, il décida qu’il lui fallait trouver un nom à ses formes, ses dimensions, et sa géométrie. Son fils était rentré de l’école, et Mandelbrot feuilletait par hasard son dictionnaire de latin. Il tomba sur l’adjectif fractus, du verbe frangere, briser. La résonance entre deux termes voisins dans l’anglais primitif – fracture et fraction – semblait appropriée. Mandelbrot forgea le mot (nom et adjectif, anglais et français) fractal.”

À la page 136 de son livre, Jean-François Vézina cite ici James Gleick, dans son ouvrage La théorie du chaos. Grâce à ce mot inventé presque l’année de ma naissance, je pouvais toucher du doigt, de la langue et de l’esprit, ce que j’avais découvert pour la première fois dans mon enfance, dans l’objet kaléidoscope ! Il prend son temps, le temps de l’apprentissage, de la connaissance, de la conscience des choses… Le temps que les mots émergent et viennent à notre rencontre. Du kaléidoscope à la fractale, il s’était écoulé une trentaine d’années dans ma petite vie. Cette vie allait prendre une nouvelle tournure car j’avais le mot, j’avais l’outil, la ressource pour décliner la chose et la célébrer. C’est ainsi que j’ai commencé à jouer et fractaliser à l’envi ! En 2013, grâce à mon smartphone (c’était la première fois que j’avais un iphone en fonction, j’étais bien en retard, n’est-ce pas ?) et l’application instagram + layout, je m’amusais à recomposer mes photos en miroir, miroir de miroir, symétrie et symétrie de symétrie, rotation et réflexion. Quel artisanat, quel jeu, quelle joie ! Une série de créations photographiques sont nées. Je vous en donne quelques échantillons ici.

Puis vers 2016, ce fut le tour des pastels colorés, à être retravaillés et recomposés en “fractales kaléidoscopiques”. Peut-on formuler cette expression ? Redondance ? Plénoasme ? Tautologie ? Allez, j’ose, en ces temps de contagion, je ne risque plus grand-chose…

Fractales, répétition du même dans le même à une autre échelle. Et le coronavirus répond-il a ce système fractal ? Car j’ai l’impression qu’il prolifère et suscite la peur chez certains, le déni chez d’autres. Où est-ce que je me situe dans ces myriades d’interprétation ? J’ai cette docilité en moi, ce côté élève bien scolaire : on me dit de me confiner, je me confine. Après avoir pesé la situation tout de même. Que veut dire le mot contagieux ? Adjectif issu du substantif contagion. Que dit le TLF ?

Je copie-colle quelques paragraphes éloquents de l’article du TLF :

CONTAGION, subst. fém.
A. MÉDECINE
1. Transmission d’une maladie d’une personne à une autre. Contagion directe ou indirecte; contagion médiate ou immédiate.

SYNT. La contagion des oreillons; la crainte de la contagion; un agent, un foyer, un mode, des risques de contagion; la contagion menace, gagne, se communique, s’étend, se répand; échapper, résister, s’exposer à la contagion; lutter, se prémunir contre la contagion; être sujet à la contagion; être à l’abri de la contagion; être atteint par la contagion.

2. P. méton. Maladie contagieuse, épidémie. Les ravages de la contagion; être emporté par la contagion.
3. P. ext. Transmission par mimétisme, d’une réaction, d’un comportement. La contagion du bâillement, du rire, des larmes. Pleurer, rire par contagion.
4. PSYCH. Contagion mentale. Transmission d’une idée ou d’un ensemble d’idées délirantes à une ou plusieurs autres personnes. Contagion nerveuse, névropathique

SYNT. La contagion collectiveLa contagion générale, démente. La contagion des colères rassemblées.
B. Au fig., p. anal. Transmission de toute chose bonne ou mauvaise par fréquentation, influence, imitation. Un amour de contagion. Un amour inspiré par contagion.
SYNT. Les forces, les phénomènes de contagion; le pouvoir, la vertu de contagion; se communiquer, se répandre par contagion ou comme une contagion; agir, émouvoir, haïr par contagion.

SYNT. a) La contagion des affections, de l’amour, de la tristesse, de l’angoisse, de l’ennui. b) La contagion de la franchise, de la foi, de la haine, du mystère, de la paix, de la sérénité, du vice. c) La contagion de l’erreur, des idées, des préjugés, de la sottise; la contagion du libéralisme, du positivisme.
b) [En parlant d’une attitude, d’un comportement, d’un intérêt pour qqc.] Une contagion de partage.
SYNT. Une contagion d’activité, de commérages, de silence, de suicide; la contagion du cigare, de la mode, du style; la contagion d’architecture.
 Dans le domaine de l’art. Inspiration. Il y eut (…) dès le premier tiers du siècle XVIIIe, une sculpture aux formes entortillées, modelé tourmenté, par contagion de la rocaille.

SYNT. La contagion de l’âme, de l’atmosphère, des villes; la contagion de la Cour, du trône.
 Au plur. Dangers. Les contagions de son temps.
P. méton. Influence, effet.

Ce que je sais, ce que je sens, c’est que le virus est plus universaliste que nous. Il nous donne l’exemple de l’amour inconditionnel et sans frontières. La guerre n’existe pas pour lui. Il embrasse tous.

 

Nirina Ralantoaritsimba, Bordeaux, Mercredi 18 Mars 2020

 

… Suite au prochain chapitre !

***

CHAPITRE III

Du coronavirus au jasmin coupé

Avant-hier ou était-ce avant avant-hier ? Ou le jour d’avant, je ne sais plus. Je perds la notion du temps. Pas vous ? Enfin, toujours est-il que j’ai expérimenté pour la énième fois la preuve de la fractale à l’oeuvre dans tous les actes de ma vie. J’ignore si ma pensée crée ma vie et si à force de répéter cette équation fractale, je l’ai mise dans mon expérience quotidienne… Ou si, à l’inverse, c’est une loi qui préside à ma vie qui ne fait qu’y répondre par respect pour la loi naturelle… Peut-être qu’après lecture de ce chapitre, vous irez chercher dans vos vies à vous les traces fractales et vous m’apporterez peut-être du grain à moudre pour confirmer ou infirmer ce que je vois dans le laboratoire de ma propre vie.

Faisons cette expérience tous ensemble, voulez-vous ?

Chacun chez soi, confiné ou pas, isolé ou pas, ensemble ou pas, masqué ou pas. Tout est déjà là, puisque nous sommes vivants (enfin, je crois ?) pour observer cette possible loi de la fractalité.

Je reviens donc à mon expérience.

À l’origine, comme pour nombre d’épisodes de ma vie, ce qui m’arriva n’était pas censé être une “expérience”. Mais c’en est devenue une. Voici comment.

Dans notre jardinet, grimpe un jasmin au coin de deux murs. Fleuri au printemps, exhalant son parfum pour notre plus grand bonheur, il est là, croissant dans son recoin, montant jusqu’au toit, se faufilant sous la gouttière, c’est impressionnant. Une invasion diraient certains, une beauté organique diraient d’autres. Il y a un ou deux jours, mon compagnon de vie et moi nous sommes attelés à nettoyer notre jardinet pour éclaircir l’espace et contribuer, à notre échelle, à ce grand ménage printanier que le coronachose nous offre de faire collectivement, à l’échelle de la planète. On entendait un aspirateur chez des voisins, des tondeuses chez d’autres voisins, des coups de balais un peu plus loin, des coups de sécateurs, des coups de marteau juste à côté, bref tout ce qui à l’oreille sonne comme un nettoyage global, national, mondial. Une envie planétaire de décrasser, nettoyer, purifier. “Éclaircir”. C’est le verbe qui sonne le mieux, qui sonna le mieux lorsque je me proposais, avec mon petit sécateur à moi, de couper les plantes qui avaient grandi de manière chaotique dans notre jardinet. “Chaotique” ? Qu’est-ce qui me faisait employer ce mot ? La nature, quand elle est laissée libre, se déploie partout, sans frein, contournant tel mur, enroulant tel tronc. Elle rampe par terre, cherchant les coins ensoleillés, elle avance, avance, sans cesse… Notre jardinet était devenu une jungle. Pourquoi couper court à la “jungle”. C’est une idée de citadine, ça. Oui, j’en suis une apparemment. Mon jardinet : un pot pourri de toutes sortes de branches infinies, se superposant aux plantes qui “étouffent” (verbe anthropomorphique et centrique ?) car elles n’ont pas la force de faire leur place. Qui “gagne” dans cette croissance naturelle de Dame Nature ?

Je ne saurai répondre, je n’ai même pas envie de répondre à la question, tant je vois que mon vocabulaire impose déjà sa triste réponse.

En tout cas, dopée à l’envie du grand nettoyage de printemps, disais-je, je suis partie en mission étayage voire guillotine. J’ai donc coupé les lianes de passiflore qui étouffaient le tronc de notre mûrier platane, bravo ! J’ai tout coupé, fière, que dis-je ? satisfaite de faire de la place et d’éclaircir et simplifier l’espace. Ironie du sort : c’était moi, un an plus tôt, qui avait eu la riche idée de l’entourer d’une seule et unique petite liane de passiflore venue d’un petit pot de Jardiland, que j’avais placé au pied de mon arbre. Je me souviens de ma fierté à l’époque : “Oh ! J’ai créé une couronne, un beau collier de passiflore pour notre bel arbre !”… Un an plus tard, je décrète que la passiflore a trop pullulé et qu’elle est allée trop loin au point d’étouffer l’arbre. Allez, on coupe, on sépare ! Radical. Bon, je ne vais pas jusqu’à enlever les racines de passiflore quand même, pensé-je. Non. Mais je dégage le tronc de la guirlande présomptueuse et envahissante. Je libère l’arbre. De toute façon, je sais la passiflore assez coriace pour continuer à exister malgré tout et repousser sans qu’on lui en donne l’autorisation. Mais avec modération s’il vous plaît !

Après l’opération élagage de passiflore, tiens, je me prends d’une envie d’élaguer le jasmin qui, de son côté, colonise le recoin de notre façade. Prise d’un élan enthousiaste, avec mon petit sécateur qui coupe si bien, si efficacement, me voilà en train de couper des branches de jasmin, à un mètre du sol. Pour continuer à “éclaircir”. Et que je te coupe, Crac, et que je te coupe, Croc ! C’est thérapeutique, dis-donc ! Je ne suis jamais allée aussi vite. Je suis d’une efficacité ! Et mon compagnon, qui nettoyait le potager de son côté me rejoint, au milieu de ma tâche. Zélée, je lui montre le travail. Il ouvre grand la bouche en voyant mon ouvrage, arrêt sur image. Un temps. Une parole sort finalement de sa bouche.

-Mais qu’est-ce que tu fais ?

-Ben j’élague ! On a dit qu’on nettoyait le jardin.

Sauf que là, je suis allée trop loin. Malentendu. Mon compagnon pensait que j’allais faire une petite coupe de rafraîchissement pour notre jasmin grimpant. Comme lorsqu’on va chez le coiffeur, nous autres humains aux cheveux longs, pour que le coiffeur vous coupe les pointes ! Eh là, gros malentendu : en fait, sans crier gare, le coiffeur vous fait la boule à zéro !!! Non !!! C’était juste “couper les pointes”, pas “raser tout !!!!”

        

L’aveu est posé : j’ai abusé de l’expression Grand-Ménage-de-Printemps-en-Temps-de-Confinement. Sous couvert de vouloir éclaircir l’espace de vie, j’ai décapité notre jasmin grimpant. Que dis-je ? Je ne l’ai pas décapité. Je l’ai dépiédé. Déjambé ? Enfin bref, je lui coupé l’herbe sous le pied. Enfin non c’est pas ça, puisque justement, j’ai laissé le pied, la jambe, le tibia du jasmin ! Mais je l’ai coupé au niveau du genou, on va dire…

Et voilà que depuis deux jours, le haut du corps jasminique se dessèche et est en train de périr sous nos yeux. Un sacré ménage, un sacré élagage. Un ménage un peu excessif. Osons le dire.

Preuve par l’image.

Bientôt la peau sèche du jasmin se désquamera complètement et elle quittera le mur pour de bon. Plus de jasmin. Fini ! Plus de mur végétal. Comme je n’ai pas non plus tiré la racine du sol, puisque les tiges demeurent, bien ancrées dans la terre… puisque  j’ai laissé le pied intact (bon, je ne vais pas me féliciter non plus mais cela me rassure quand même), ce beau jasmin pourra tout de même recommencer sa course vers les hauteurs du ciel. Mais quand reverrons-nous ce mur vert ?

Seul le temps le dira et il faudra être patient. La nature est rapide pour croître, mais tout de même. Mon sécateur a été plus rapide à tout tuer, que la nature ne prend de temps pour se déployer…

Ce matin, une phrase m’est venue quand j’ai découvert la couleur jaune séchée avançant dans le vert déclinant de ces feuilles.

“Ça sèche, la sève n’a plus de chemin pour irriguer l’ensemble et monter là-haut dans la suite des branches. Le jasmin a perdu ses racines. Le jasmin n’est plus relié à la terre. Quand on n’est plus relié à la terre, on s’assèche et on meurt.”

Ce que j’ai fait au jasmin me parle de lui. En me parlant de lui, il me parle de moi. De moi qui suis fractale de lui et du genre humain tout entier. Le jasmin que j’ai coupé me parle de nous, de nos racines, de notre terre.

Oui, voilà ma preuve en plus, ce matin, que ma vie est fractale :

“les objets fractals peuvent être envisagés comme des structures gigognes en tout point – et pas seulement en un certain nombre de points, les attracteurs de la structure gigogne classique. Cette conception hologigogne (gigogne en tout point) des fractales implique cette définition récursive : un objet fractal est un objet dont chaque élément est aussi un objet fractal (similaire).”

Extrait du livre Le Trésor des paradoxes, Philippe Boulanger et Alain Cohen, Éd. Belin, 2007.

En d’autres termes, la fractale, c’est comme les poupées russes. Le même à l’intérieur du même, à l’intérieur du même, à l’intérieur du même….

Alors quand on entend un message à un niveau de réalité, on peut l’étendre à tous les niveaux, en micro ou macro. Du jasmin à nous. Vous me suivez ?

 

Et vous ? Votre vie est-elle fractale ?

 

Nirina Ralantoaritsimba, Bordeaux, Lundi 23 Mars 2020.

 

Suite au prochain chapitre…

 

***

CHAPITRE IV

Du jasmin coupé à la coupe de cheveux

Hier, mon compagnon s’est transformé en coiffeur. J’imagine que c’est ce qui arrive dans les foyers confinés. Chez les uns, les parents s’improvisent enseignants, chez les autres, l’ordinateur devient l’enseignant, chez d’autres encore, les maris s’improvisent-ils esthéticiens de leur époux ou épouse, les enfants cuisiniers ? Chez moi : ce fut inattendu mais cela eut lieu : mon compagnon médecin devint coiffeur à domicile ! Et voilà ce qui fut coupé.

(photo un peu floue mais le résultat reste visible)

À la différence du jasmin l’autre jour, c’est délibérément que ces pointes furent élaguées. Envie d’une coupe de printemps, envie de rafraîchir cette frimousse, ce cheveu fatiguée, cette allure de prisonnière. Non, j’exagère. Ma tête ne s’est pas à ce point emmurée, depuis ces jours de “confinement” comme on dit. Rien n’a vraiment changé pour moi depuis une semaine. Et c’est bien cela qui est étrange.

Car, en réalité, cela fait presque sept années que je vis en parallèle de la société. En retraite ou pré-retraite, comme je m’amusais à le dire à l’époque, au début, quand j’ai décidé de “me mettre en retrait”, au sens propre et figuré. Mon frère, un jour, avait dit que je m’étais retirée du monde. “Retirée du monde” ? L’expression m’avait blessée quand je l’avais entendue. Car mon geste, mon acte de quitter mon métier, quitter un certain système, pour moi, c’était tout le contraire de “se retirer”. C’était “m’engager” corps et âme dans ce qui était mon véritable socle de valeurs, donc tout sauf me retirer ! Y aller, à fond même, y aller !!! Si j’acceptais le verbe “se retirer”, cela signifiait alors se retirer d’un lieu pour entrer dans un autre correspondant davantage à ce que je voulais porter, représenter, soutenir, alimenter. Mais au fil des années, et surtout aujourd’hui que le monde m’a rejointe dans ma retraite, mon “retirement”, bref, dans ce que le monde appelle “confinement”, je réalise que mon frère avait raison en un sens, dans sa formule : “tu t’es retirée du monde, Nirina”. Je m’étais effectivement retirée pour m’engager autrement. Retirée d’une matrice, d’un système normé d’une certaine façon, retirée d’un logiciel, retirée d’une marche frénétique selon un certain mode d’être, pour tenter d’en créer un autre, logiciel, une autre, matrice, un autre, système. De mon côté. Toute seule. Dans mon coin. Dans mon confinement qui était au fond ma liberté, ma vérité d’être, mon authenticité. Il y a sept années, j’ai coupé les ponts avec un cadre qui pourtant m’ouvrait grand les bras, j’ai coupé les ponts avec une carrière qui paraissait toute tracée, j’ai coupé les ponts avec un monde apparemment ouvert pour certains, mais que je sentais trop fermé pour moi, trop confiné justement pour que je puisse y apporter ma brique et ma singularité.

Le confinement, pour moi, c’était le monde, justement !

Et moi, rempli de cet élan de vie qui n’a jamais quitté la petite fille que j’ai été, en octobre 2013,  je m’en libérais, de ce monde confiné ! J’en sortais.

Car oui, le monde me semblait tellement étroit, tellement irrespirable par tant d’aspects, tellement étouffant. Tellement. Un monde où il m’était impossible d’être moi. De me déployer pleinement.

Adieu monde confiné donc.

Il y a sept années donc, je quittais ce monde confiné pour entrer en liberté.

(je sais, c’est agaçant d’employer ce mot “confiné” partout, hein !)

“Confiné, confiné, confiné, confiné, confiné, confinééééééééé”

HALTE LÀ !

Il y a sept années donc, j’entrais en liberté. Cela signifiait : vivre “à côté” du monde.

Vivre en retrait.

Retrait dans un monde solitairement infini.

J’allais goûter une existence d’un nouveau genre.

 

Hier, mon compagnon m’a coupé les cheveux. Coupe au carré. Tête rafraîchie. Pendant de nombreuses années, c’est ma mère qui était ma coiffeuse. Parfaite coiffeuse. Mais ces jours-ci, ma mère est loin dans son département de notre Hexagone et je préfère ne pas prendre de train pour aller la voir et me faire couper les cheveux par elle au risque de la contaminer du coronachose dont je ne sais pas si je l’ai ou pas ou peut-être. J’irai chez ma coiffeuse personnelle et maternelle la prochaine fois peut-être. Ma coupe au carré fabriquée par mon compagnon qui s’improvise coiffeur est tout à fait satisfaisante. Je me sens renouvelée ! J’ai une pensée triste et coupable pour ce jasmin que j’ai ratiboisé sans qu’il n’ait rien demandé. Et si mon compagnon m’avait coco-rasée sans que je le lui  aie demandé ? Je me serais tue, comme le jasmin, à vrai dire. Personnellement, me retrouver le crâne rasé, cela m’aurait certes un peu surprise, mais je n’en aurais pas fait un foin. Je sais que ça repousse vite, les cheveux. Surtout les miens. Cela me fait penser à tous ces coiffeurs, ces coiffeuses, rencontré.e.s dans ma vie et qui, je me souviens, tâtaient le terrain quand ils/elles me demandaient :

“- Combien je vous coupe ? (me montrant une mèche de 2, 3, 4 cm) Plus ? Moins ? Comme ça ?

– Mais allez-y !”

Et ils vérifiaient, me répétaient la question, coupaient un mini bout de cheveux et je sentais dans leur regard, dans leur voix, leur geste, qu’ils voulaient s’assurer de ne pas en couper trop, de peur que je me plaigne ensuite. Combien de clients se sont plaints ou ont même pleuré d’avoir été trop coupés ? C’est sacré, pour certain.e.s, le cheveu. Pour moi, pas tant que cela. Je me sens assez détachée de mon cheveu. Qu’est-ce que cela dit de moi ? Un jour, une coiffeuse m’a dit que les cheveux représentaient nos racines… Alors, cela signifie-t-il que je sois détachée sur la question de mes racines ? Coupez, allez-y ! Coupez court ou long, je m’en moque ! De toute façon, ça repoussera !

Les racines. Je repense aux racines de ce pauvre jasmin grimpant…

Alors j’imagine un scénario ubuesque. Que se passerait-il si les cheveux ne repoussaient pas ? On aurait droit à une coupe, une seule et unique coupe dans sa vie. À un âge rituel. Allez, imaginons : vous atteignez 33 ans et c’est le jour J, votre anniversaire et c’est la seule et unique coupe de votre vie. Vous aurez donc eu deux têtes dans votre vie : celle où vos cheveux auront poussé jusqu’à vos 33 ans (on ne les coupe jamais pendant cette période, faut voir comment on gère la longueur, les pointes, le mélange du cheveu pendant 33 années, le look rasta ou pas, démêlage ou pas…) et celle après vos 33 ans (on les coupe, c’est le rite de passage) et après ça ne pousse plus ! Vous conservez la même coupe jusqu’à la fin de vos jours.

Le jour de vos 33 printemps, y a pas intérêt à se louper…

Si j’avais à choisir une seule coiffure pour l’éternité, de mes 33 ans à mon grand départ, quelle coiffure est-ce que je choisirais ? Et puis quel coiffeur je choisirais ? Questions sensibles.

Et imaginez ! Vous avez 33 ans, c’est le Jour J de la coupe unique de votre vie… et vous êtes en confinement justement ! Ahahahahaah !! Votre partenaire de vie devient votre coiffeur… Confiance ou pas confiance ?

Bon.

Comme telle n’est pas notre matrice (le coup du rite de passage avec la coupe des 33 ans), je n’ai pas eu à me poser toutes ces questions existentielles.

Comme la vie est légère finalement, vous ne trouvez pas ?

On a coupé environ trois centimètres. Il a coupé. Avec mon accord. Comme j’ai le cheveux à tendance bouclé-frisé, en plus, on ne voit pas s’il y a des petits décalages. La frisure fait remonter telle mèche par-ci par-là : aucune faux-pas n’est visible. Sur un cheveu raide, je ne dis pas, mais j’ai de la chance, ce n’est pas mon cas. Merci Dame Nature de m’accorder ce flou artistique naturel du cheveu !

Bon, on peut dire que la vie se rééquilibre bien : jasmin coupé, cheveu coupé.

La vie est fractale. CQFD.

 

Nirina Ralantoaritsimba, Bordeaux, Mercredi 25 Mars 2020.

 

Suite au prochain chapitre…

 

***

CHAPITRE V

De la coupe de cheveux au chat perché

Il y a quelques jours, sur la plus haute branche du mûrier platane de mon jardin, j’ai découvert le chat du voisin. Perché.

Je l’observe. Nos regards se croisent. Que dis-je ? Nos regards se fixent. Cet instant semble une éternité : pendant plusieurs secondes qui bientôt forment une minute. Plus je le regarde, plus le chat me regarde. Ou est-ce l’inverse ? En tout cas, je ne le quitte pas du regard, me demandant ce qu’il fait là-haut, lui qui d’habitude arpente toits et murets faciles à enjamber. Il me tourne le dos pour avancer sur sa branche, puis se retourne pour regarder si je le regarde toujours. Eh oui, je le regarde. Qu’est-ce que tu fais ? Hein ? Qu’est-ce que tu fais sur cet arbre ? Que veut dire ton regard, Domino ? Domino, c’est le nom du chat, je le sais, je ne l’invente pas. Ma voisine appelle “Domino ! Domino !” à peu près tous les soirs pour qu’il vienne manger ses croquettes ou son pâté. Enfin j’imagine que c’est pour ça… À moins qu’elle l’appelle pour jouer à un jeu bicolore, je sais que les humains adorent chiens et chats, mais ce serait quand même un peu fort.

Je le vois bien, Domino le chat perché n’a pas l’air à son aise quand il joue à l’oiseau. C’est mon interprétation de ses pas hésitants sur les branches de mon mûrier. J’ai beau lui demander ce qu’il fait là-haut, quel est son projet, il ne répond que par son regard fixe. Muet comme une carpe. Pas bavard comme une pie.

Et voilà qu’il bouge, quelques pas légers sur la branche… Tiens, il se pose même ! En fait, c’est moi qui surinterprète : il est tout à fait à son aise !

Quoique. Quand on est bien confortable, qu’on soit chat ou pas, fixe-t-on ainsi le sol, le bas, l’abysse, tournicotant la tête à droite, à gauche, à répétition, avec un regard si dubitatif ?

Je fais un zoom sur l’animal domestique. Je confirme : ce chat n’est pas du tout rassuré. Mais alors pas du tout. Si je projette mon anthropocentrisme alors… Comme dirait Geluck, chat ne vas plus du tout !

Mais j’ai un doute… Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. C’est vrai qu’on pourrait s’y tromper. Est-il bien dans son nid là-haut ou cherche-t-il une solution pour quitter son perchoir ? On dirait qu’il a la peur au ventre. Car il fixe le sol comme si l’arbre était entourée d’une fosse au lions affamés ou une mare aux crocodiles ! Or, vous l’avez, vu, rien de menaçant en bas : que de l’herbe et une inoffensive table en métal accompagnée de ses deux sièges Décathlon ! (revoir les photos plus haut)

Plus j’observe les mimiques et les regards de ce chat qui maintenant ne me regarde plus du tout, plus je sens qu’il flippe et que mille questions fusent dans son cerveau de chat.

Deviendrais-je un chat ?

Ou deviendrait-il un humain ?

Aurions-nous tant en commun que nous faisons de la télépathie sans le savoir ?

Non, c’est sûr et certain : il cherche un moyen de descendre de l’arbre, mais il est effrayé de devoir sauter d’aussi haut ! D’habitude, il a des passerelles intermédiaires pour descendre de ses murs et de ses toits. Il a su monter, mais il ne sait pas comment descendre et la hauteur lui donne le vertige. On connaît, ça, nous aussi les humains !

Vous me direz : mais qu’est-ce que je fais à le regarder, ce pauvre Domino ? Pourquoi ne suis-je pas sortie, apportant un escabeau ou montant sur la table, pour lui porter secours, lui tendre la main, l’aider à descendre, moi, l’humaine ?

Aider l’animal.

Pourquoi suis-je encore là, derrière ma baie vitrée à le regarder sans rien faire ? Pire même : à le filmer ! Dans son exploit ? Dans sa détresse ?!

C’est que je ne connais pas bien les chats, moi, au point d’en avoir un peu peur parfois, je l’avoue. Même en temps normal, je ne sais pas comment les prendre dans mes bras. Je trouve qu’ils vous glissent des mains comme un savon. Et puis, je n’ai pas d’escabeau à portée de main et je suis si petite, comparée au mûrier platane… Et je me dis qu’en tant que chat, il est forcément plus agile que moi, qu’il saura se débrouiller plus efficacement que moi… Que… Bref, je me trouve des excuses. Excuses de ma lâcheté, de ma prétendue impuissance humaine. Et surtout, derrière tout cela, je compte encore sur le fait que j’ai mal interprété son attitude : non Domino n’a pas peur de sauter, Domino a choisi d’admirer le paysage depuis l’arbre tout là-haut, depuis le point de vue de son ami l’oiseau… Domino expérimente l’oiseaucentrisme, pour tenter de renverser les lois de la prédation car il a l’art de se remettre en cause, c’est l’éveil de la conscience de l’espèce-chat, voilà !

Et puis, je ne sais trop pourquoi, je lui tourne le dos pour faire la vaisselle ou autre activité domestique prolongée en temps de confinement.

Et puis, je retourne voir l’actualité du chat perché. Ça y est ! Il a pris sa décision, il a trouvé sa solution ! Je le vois qui accroche, avec ses griffes de chat, l’écorce du mûrier platane ; il a la tête en bas, il descend le long du tronc, tel un lézard qui rampe en direction du sol, déjouant les lois de l’apesanteur. Domino le chat a sorti ses griffes félines. Il s’est dit que c’était le moment de les sortir, oui ! Non pas comme arme pour attaquer l’ennemi ou pour se protéger, mais pour s’aider à dés-escalader le tronc : quelle idée à la fois simple et géniale ! Et je vois notre chat qui descend, tel un boa qui s’enroule sur sa fausse proie, oui, c’est ça, il descend le tronc heureusement rugueux. Merci l’écorce, merci les aspérités, merci les griffes de chat, merci l’instinct et merci le cerveau tout à la fois !

Domino est sauvé. Il est à terre, il est sauvé. Domino s’est sauvé lui-même : il a vu sa peur monter, il lui a fait face, l’a affrontée. Il a observé la situation pendant un bon moment, a pesé le pour et le contre. Il a repris ses esprits. A pris une décision. A fait preuve de jugeote, de sang-froid, et s’est lancé dans la descente en imitant d’autres animaux, d’autres règnes que celui des chats.

Ses quatre pattes sont à terre. Sur terre. La crise est passée. L’enseignement est incorporé. Fini la vie d’oiseau, fini la vie de lézard, la vie de boa. Le chat est redevenu le chat.

Et nous les humains ? Et moi l’humaine ? Ai-je peur en ce moment ? Perchée quelque part, à un endroit où je n’imaginais pas que la peur pourrait me saisir quand il s’agirait de redescendre ? Et moi l’humaine ? Suis-je en train de cogiter pour savoir comment sortir de cette situation ? Et moi l’humaine ? Fais-je face à mon effroi ? Ai-je cette capacité à calmer la frayeur grandit en moi ? Et moi l’humaine ? Que vais-je décider ? Vais-je rester perchée à jamais ? Ou vais-je trouver une solution, ma solution, avec ce que je suis, ce que je sais, pour descendre et revenir à l’humus, l’humilité de la terre ? Et moi l’humaine ? Serai-je capable d’utiliser mes “armes” pour coopérer et faire corps avec mon arbre ? Car c’est bien l’arbre qui m’aide à descendre : non, l’arbre n’est pas mon ennemi, même si jadis perchée sur lui, j’en avais peur…

Et moi l’humaine, ressemblerai-je un jour à Domino ?

Ou continuerai-je à blâmer le pangolin ou la chauve-souris ou je ne sais quel autre chat, je ne sais quel autre animal que je juge étrange…

Porte-toi bien Domino. Et prends garde à ne pas trop jouer à l’oiseau !

La vie est fractale. CQFD.

 

Bordeaux, Mercredi 1er avril 2020 (Ceci n’est pas un poisson d’avril)

 

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