Ego, qui es-tu ?
On 4 June 2018 | 0 Comments | Non classé |

Une question qui peut faire peur, posée comme ça, Qu’est-ce Que l’Ego ?

Question grandiloquente, mystérieuse : qu’est-ce que l’ego, mais qu’est-ce que l’ego ?!

D’abord l’ego, c’est la racine latine de tout un champ lexical de mots à connotations extrêmement péjoratives – Si je vous dis ego, égoïste, l’égoïsme (terme apparu au XVIIe siècle), égocentrique, l’égocentrisme (terme apparu au XIXe)… Vous voyez se dessiner devant vos yeux un portrait peu agréable du genre humain auquel on n’a pas envie de ressembler et pourtant on l’a entendu au moins une fois dans notre vie, cette accusation d’être égoïste, de ne penser qu’à soi et de se croire le centre du monde…

Donc expliquer l’ego, c’est s’atteler à un sujet très sensible.

Oui, l’ego, ça brûle !

C’est court, c’est bref, efficace, comme ça, trois lettres, E G O, deux consonnes plus une voyelle égal deux syllabes, mais : ça brûle, c’est comme une flèche empoisonnée.

Parce que quand on parle de l’ego, au fond, on touche à L’intouchable Moi !

Savez-vous que EGO en latin, c’est un pronom personnel ? C’est le premier de la famille des pronoms : je tu / il elle on / nous vous / ils elles.

Eh bien en latin, EGO, c’est le pronom de la première personne, mais de manière amplifiée, EGO c’est un JE gonflé, enflé, d’où l’expression bien connue et redondante :

MOI JE, Moi je, Moi….. Je…….

Qui ne connaît pas ce refrain que l’on le fredonne tous des dizaines de fois, dans notre journée, des milliers de fois, même, pour certains d’entre nous…

C’est un comptine obsédante, ce refrain sacré de l’ego. Pour dire qui on est, ce qu’on fait, ce qu’on pense.

Moi, j’aime les glaces à la fraise, moi je n’aime pas les huîtres.

Moi j’aime les gens authentiques.

Moi, je n’aime pas les gens qui ne parlent que d’eux-mêmes !

Moi j’ai du mal à m’exprimer en public.

Dictature du « Moi je » : ai-je conscience, avez-vous conscience que nous vivons sous cette dictature ?

Moi, je ne sais pas reconnaître mes qualités.

Moi je sais très bien trouver les défauts des autres.

Moi, je trouve qu’on vit dans un monde pollué émotionnellement où tout le monde a un ego surdimensionné, y a qu’à voir sur facebook et tous les réseaux sociaux !

Et Nous voilà partis dans la démesure, la boursouflure de l’ego, l’enflure des chevilles !

Cette sur-affirmation du Moi qui veut toujours avoir raison… et qui veut toujours prouver que l’autre a forcément tort.

Moi : je vis ma vie, comme je l’entends !

Moi je sais très bien ce que je dis !

Moi je pense que tu te trompes !

Et moi, je crois que tu mens !

Et moi je te dis de te taire.

Ah oui ?

Ben moi, si j’étais toi…

Oui-ben- justement. Tu n’es pas moi ! Alors tais-toi !

Et … ça y est, on y est. C’est la Guerre des Ego !

Vous le connaissez, ce combat perpétuel du « je » contre le « tu » (à l’échelle individuelle, amicale, échelle du couple, échelle familiale). Un combat qui deviendra vite le combat du « nous » contre le « vous » (à l’échelle des communautés, des pays, des continents, des cultures…). Bref, avec cette guerre des ego, c’est l’escalade, la catastrophe. C’est là que je me dis qu’il serait peut-être bon d’inventer un nouveau métier pour apaiser cette fièvre collective.

Des gendarmes qu’on appellerait des gardiens du bien-être et du bien-vivre ! Et qui nous arrêteraient quand on est en excès d’EGO. Comme pour les excès de vitesse !

« Bonjour Madame, approchez-vous s’il vous plaît. Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes en excès d’ego, là? »

Et Paf ! Contravention.

Mais Non.

Non, La clé, ce n’est pas d’attendre que quelqu’un d’autre nous tape sur les doigts pour nous faire revenir à plus d’humanité et d’acceptation de l’autre, moins d’égocentrisme et plus d’altruisme. Non.

La clé c’est de pouvoir être soi-même son propre gardien, son propre veilleur.

Être capable d’établir un dialogue intérieur avec soi-même, pour

prendre du recul

et

enfin prendre conscience du phénomène en moi.

Je suis tellement attaché.e à mon ego, que je CROIS que c’est MON identité ! Mais c’est faux, ou en tout cas c’est réducteur.

Moi de toute façon, je me fais toujours marcher sur les pieds et ça ne changera pas !

Si j’essaie de reformuler mon dialogue intérieur, ça peut donner quelque chose comme :

((Ah non, je te confirme, ça ne changera pas si tu restes braqué.e comme ça))

Moi j’ai trop souffert dans la vie. C’est un enfer quand on souffre comme je souffre.

Si j’essaie de reformuler mon dialogue intérieur, ça peut donner :

((Es-tu sûr que ta vie ne soit faite que de souffrance ? Même pas des mini parcelles de paradis ? Sincèrement ?))

Oui, la pente est très glissante : d’un cas particulier, d’une expérience vécue, d’une épreuve de vie, d’une croyance, on en fait très vite une généralité. Et on se fabrique des étiquettes, des prêts-à-penser pour tout, y compris pour soi-même. Comme si l’ego était le seul et unique GPS pour nous diriger dans la vie… Et après on se fait fort de militer pour défendre cet ego. Mais la vérité, c’est qu’on se condamne soi-même, on s’enferme dans une idée de soi toute figée, toute étriquée. C’est terrible, cette prison qu’on s’est construite nous-mêmes.

Moi je pense que les gens sont foncièrement égoïstes. ((Ok, pas de discussion alors. Merci Monde égoïste))

Moi je me connais très bien et je sais comment réagir à tout ça.

Moi je trouve que tu es égocentrique et puis c’est tout. ((D’accord Monsieur ou Madame Je sais tout, pas de négociation possible))

Moi je pense que les hommes ne peuvent pas comprendre les femmes. Et moi, je pense que ce sont les femmes qui ne peuvent pas comprendre les hommes. ((Guerre des sexes signée jusqu’à la mort de l’humanité))

Moi j’ai mes idées et c’est pas toi qui vas me faire changer d’avis. ((En effet. Fin de la partie))

Dictature de « l’ego » ? Non.

Illusion de l’ego.

Car on a perdu notre liberté d’être autre chose que ce qu’on a l’habitude d’être. Si je me regarde dans la glace, qui vois-je ? Si j’enlève toutes ces couches d’ego ? Qui suis-je ?

Oui. C’est difficile de poser le miroir devant soi et de voir…

Voir qu’on peut changer sa manière de voir.

Enfin si l’on essaie, si on le décide.

Leave a reply

  • More news